A propos de moi

Epelpath est un nom d'artiste que j'ai imaginé lors de la création du concept Pour le meilleur, Pour le pire. Cette petite série de cadres est née plusieurs années après la réalisation de Moi, Je, oeuvre élaborée durant mes études d'Arts Plastiques à Rennes 2. En mêlant humour et sarcasme, essence même de mon travail, je souhaite partager une lecture, une vision sur nos sociétés au travers du support artistique.

Et si tout avait commencé comme ça…

Moi, je, Estelle Pellegrin, 2003

Petit sous-verre (8 x 6 cm) accompagné d’une loupe dissimulant un texte trop petit pour être lu à l’œil nu. Une liste de minuscules verbes dactylographiés défile sous le grossissement de la loupe. Débute alors une lecture autobiographique et pourtant propre à chacun.

Le choix des verbes donne l’illusion d’une description unique alors qu’en réalité, il esquisse le portrait d’une identité probablement universelle. L’intimité s’expose à la loupe, devient visible pour tous. La loupe engage alors un jeu subtil entre le « moi intérieur » et le « moi extérieur ».

Qui suis-je réellement ?
Qu’est-ce que je veux donner à voir ?

Le spectateur devient voyeur en s’immisçant dans l’intimité de la personne qui se décrit, se livre.

La lecture des mots « loupés » peut déclencher chez le curieux un rire, mais elle peut aussi le troubler selon ses propres valeurs et le sens qu’il souhaite y attribuer.

Moi, je est une œuvre poétique, fragile et intime. Elle perturbe le lecteur en l’entraînant dans un jeu voyeuriste — la loupe « arrache » l’information soigneusement dissimulée — et l’interpelle en le renvoyant à son histoire personnelle, à son rapport au(x) corps.

Il n’y a alors plus qu’un pas entre pudeur et exhibition.

Cette œuvre constitue aujourd’hui le point de départ d’une réflexion artistique que j’ai poursuivie durant plusieurs années à travers mes petits cadres. Avec le temps, le besoin d’élargir cette recherche s’est imposé à moi au travers de grands formats réalisés au stylo Bic noir sur papier journal glacé récupéré.